USSAR - "Etendues" - Double vinyle collector dédicacé

18,99€

Vinyle collector dédicacé - uniquement disponible sur ce site !

 

Il y a les artistes que l’on place immédiatement dans une case dès la première écoute. Et puis il y a ceux qui suscitent, avec bonheur, trouble et interrogation. Sans aucun doute les plus intéressants. Ceux dont on sait que l’on ne va pas se lasser du jour au lendemain, ceux dont on sait, dès la première note jaillie, les premiers mots prononcés, que l’on n’en finira pas de sitôt d’en épuiser les multiples contours. On aura bien sûr compris à quelle catégorie appartient Emmanuel Trouvé, alias UssaR, électron très libre, tourbillonnant sans attache, autour d’une chanson française vrillée, habitée par l’éclat d’un piano, et de subtiles arabesques électroniques.

Pourtant, à la différence des vocations qui démarrent précoces les mains sur le clavier dès le plus jeune âge, c’est seulement à l’adolescence qu’Emmanuel a vu la lumière musicale. Même si la discothèque de sa sœur (Renaud, Brel) ou de son frère (Led Zeppelin, The Who) lui avait déjà procuré des frissons, ce n’est qu’à l’âge de quinze ans que le déclic se produit. Mal dans sa peau, comme beaucoup à cette période de la vie, il demande à son autre frère qui dirige une école de musique de le guider vers la pratique d’un instrument. Ce sera le piano, sous la férule d’un professeur émérite, le jazzman Sébastien Lovato. Sa méthode, avant tout ludique, a une action libératrice pour le futur UssaR, qui se met à jouer frénétiquement sur son clavier dans une incroyable soif d’apprendre. Ses modèles sont Herbie Hancock, Chick Corea ou Keith Jarrett. Les premiers groupes arrivent aussi, logiquement sous influence jazz-rock.

On le retrouve sur les bancs de la fac, en droit. Mais son itinéraire sera, lui, plutôt en courbe. On le sollicite pour jouer au sein d’un projet hip hop, où il s’occupe des claviers, mais aussi des machines et des productions, fasciné par la recherche de la boucle répétitive parfaite. Lui et ses copains ouvrent pour Rocé, La Rumeur, ou Mademoiselle K. Pas mal. Alors au moment de choisir entre un partiel de finances publiques et une session d’enregistrement, il n’hésite pas une seconde et fonce en studio en laissant tomber son avenir de juriste. Pendant des années il enchaîne avec talent le rôle de l’homme de l’ombre, aux claviers et aux machines, derrière CharlElie Couture, Emel Mathlouti, DJ Pone ou Kery James. Et cela lui va très bien, celui qui a grandi entre Vanves et Malakoff n’est pas un “egomaniac”.

Jusqu’à ce que le chagrin amoureux d’une hôtesse de l’air croise sa route. C’était il y a deux ans. Dans l’avion de nuit d’un retour d’une tournée au Congo avec Youssoupha, il est frappé par l’image de cette jeune femme, qui pleure dans les bras de sa collègue. Et si cela faisait le thème d’un morceau ? Même si jusque-là, il avait jeté quelques notes en formes de poèmes sur des carnets, pour la première fois il prête sa plume à une chanson. Ce coup d’essai, “un peu scolaire” à ses yeux,  est quand même une révélation. Possédé par un tourbillon créatif, il se retrouve vite avec une dizaine de titres. Sa voisine de studio, Léonie Pernet, le pousse à s’exposer en pleine lumière. C’est d’ailleurs avec elle, qu’il trouve ce pseudo étrange, UssaR, au départ ‘private joke’ entre les deux amis, mais dans lequel il se reconnaît pour sa portée universelle, mais aussi sa métaphore guerrière, en perpétuel mouvement, référence à ce combat intérieur qu’il mène dans ses chansons, où la poésie voisine dans une même phrase avec l’ultra-réalisme.

A l’écoute des compositions souvent bouleversantes (comme ne pas craquer à l’écoute du sidérant “6 milliards”) et toujours très abouties de ce passionné de boxe, on a du mal à réaliser qu’il est presque un novice en la matière. Cette maturité éclatante s’exprime parfaitement dans cet EP au long court, qui compile les chansons de son premier essai (sorti en totale autoproduction il y a presque un an) plus quatre inédits de haute volée. L’introduction idéale à un monde si particulier. Avec des influences en forme de jeu de pistes, où un fil rouge mystérieux nous conduirait à des manipulations électroniques, de Flying Lotus, Aphex Twin ou Apparat, au jazz twisté de Nougaro,  à la vision cinématographique brut des films de Patrick Dewaere, Bertrand Tavernier ou encore Tchao Pantin. Des références multiples et particulières, comme autant de clés pour mieux comprendre d’où vient ce chanteur poignant, fier de ne pouvoir être rangé dans aucune case, dont les textes intimes, parfois graves, s’habillent parfois d’un humour salvateur. Aucun doute le boxeur a réussi à nous mettre KO.

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Tracklisting :

VINYLE 1
1 - Loin
2 - Bidon Vie
3 - La Violence Feat. Léonie Pernet
4 - Dehors
5 - Plafonds de Verre

VINYLE 2
1 - Pensées Rocher
2 - 6 Milliards
3 - Antilles Normandie
4 - Il Pleut Dehors
5 - Le Havre


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